Résumé de l'année 2017

mis à jour le Lundi 2 avril 2018 à 23h09

Depuis automne 2015, l’Etat turc fait perdurer une attaque sur le peuple civil dans les régions et ville

Nord du Kurdistan

Depuis automne 2015, l’Etat turc fait perdurer une attaque sur le peuple civil dans les régions et ville de Ferqîn, Lîce, Silopî, Sûr, Cîzre, Nisêbîn, Dêrik, Kerboran, Hezex, Gever, Şirnex et autres en commençant par Gimgim. Des centaines de personnes dont des femmes et des enfants ont été massacrés, des centaines ont été blessés et leurs maisons ont été détruites par des tanks et armes lourdes.

Le couvre-feu qui a duré plusieurs mois a forcé les habitants à migrer en les privant d’eau, d’électricité, de nourriture et besoins primaires et a rendu les lieux invivables. Par ailleurs, des centaines d’enfants sont devenus orphelins et des milliers de familles ont vu leurs maisons détruites. Le couvre-feu qui a été mis en place depuis août 2015 a provoqué des violations de droits de l’homme ainsi que d’autres droits fondamentaux dans le nord du Kurdistan. En 2017, la politique de destruction de l'État turc dans ces régions s'est poursuivie sous le nom de transformation urbaine : de nombreux quartiers se trouvant à Sûr, Şirnex et Nisêbîn ont été ravagés.

 

Dans le rapport Février 2017 du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (OHCHR), la Turquie est accusée de violation des droits de l’homme.  Résumé du rapport:

« De Juillet 2015 à Décembre 2016, il comprend notamment un aperçu des incohérences relatives aux droits de l'homme liées aux opérations effectuées par l'Etat Turque.

Juillet 2015 au Décembre 2016, au cours des opérations de sécurité au sud-est de la Turquie, on déclare qu’environ 2 000 personnes ont perdu leur vie. Selon les informations recueillies, près de 800 des victimes sont membres des forces de sécurité et environ 1 200 sont des membres de la population locale. On ne sait pas combien d'entre eux sont impliqués dans des actes violents ou non violents contre l'Etat. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a documenté de nombreux exemples d'usage excessif de la force : meurtres, disparitions, tortures, destruction de logements et de patrimoine culturel, encouragement aux crimes de haine ; accès à l'aide médicale d'urgence, nourriture, eau et obstacles à la survie ; la violence contre les femmes, la liberté de pensée et d'expression et la restriction des droits de participation à la politique. Les plus graves violations des droits de l'homme ont été fait durant la période de couvre-feu des zones occupées, en la coupant de tous liens avec le monde extérieur et limitant les actions de la journée.

Selon les registres du Sud-Est de la Turquie on estime qu'entre 355 000 à un demi-million de personnes, la majorité étant d'origine kurde, ont été déplacées. Les gens qui sont souvent contraints de se déplacer, d’emménager ont tendance à aller vers les villes et les villages voisins.

L'aide humanitaire réalisée à 355 000 personnes déplacées a été insuffisante. Selon les informations disponibles, aucune organisation internationale n’a été autorisé par la Turquie à intervenir sur place et aider les citoyens turques ou immigrés, pour les besoins primaires ...

A la fin de Janvier jusqu’à début Février 2016, à Cizre, les hommes, les femmes et les enfants pris au piège dans les sous-sols des bâtiments, sont bombardés par les forces de sécurité. D’après les rapports du HCDH des familles victimes de Cizre et des témoins dont la plupart sont des rescapés de l’opération de sécurité, soit 189 personnes, sont restées sans eau, nourriture, soins médicaux durant des semaines dans des sous-sols, durant les mois les plus froids. Certaines des victimes piégées dans le sous-sol, ont demandé de l’aide via des appels téléphoniques avec des ONG et des députés pour se sauver des bombardements. Selon les familles des victimes tuées dans Cizre et de nombreuses ONG, un nombre indéterminé de corps de victimes a été totalement ou partiellement incendié à la suite du bombardement, puis le lieu est rapidement détruit par la suite. La démolition immédiate des bâtiments a détruit l'évidence des preuves, et ainsi le diagnostic des décès a été grandement entravé. De plus, plutôt que de lancer une enquête sur l'utilisation excessive de la force, l’appel à l’utilisation d’armes lourdes et finalement des situations provoquant la mort, les autorités locales ont lancé des accusations sur les personnes assassinées, d'avoir participé à une organisation terroriste et ont pris des mesures de répression touchant les membres de la famille de ces personnes .... "